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1ʳᵉ Bac · Sciences Maths · Chapitre 14

Arithmétique dans ℕ

1 · Résumé du cours

1.1 Divisibilité dans \(\mathbb{Z}\)

Diviseur, multiple Soient \(a,b\in\mathbb{Z}\). On dit que \(a\) divise \(b\), noté \(a\mid b\), lorsqu'il existe \(k\in\mathbb{Z}\) tel que \(b=a\,k\). On dit alors que \(a\) est un diviseur de \(b\), et \(b\) un multiple de \(a\).
Exemples : \(3\mid12\) car \(12=3\times4\) ; \(7\nmid20\). Pour tout \(a\) : \(1\mid a\), \(a\mid a\), et \(a\mid0\) (car \(0=a\times0\)).
Règles de calcul Pour tous entiers \(a,b,c,u,v\) :
  • \(a\mid a\) (réflexivité) ;
  • si \(a\mid b\) et \(b\mid c\), alors \(a\mid c\) (transitivité) ;
  • si \(a\mid b\) et \(a\mid c\), alors \(a\mid(bu+cv)\) (combinaison linéaire — la règle la plus utile) ;
  • si \(a\mid b\) et \(b\mid a\), alors \(a=b\) ou \(a=-b\) ;
  • si \(a\mid b\) et \(b\neq0\), alors \(|a|\le|b|\).
La règle qui débloque presque tout Pour montrer qu'un nombre \(d\) divise une expression, on l'écrit comme combinaison linéaire de choses que \(d\) divise déjà. Ex. : si \(d\mid n\) et \(d\mid(n+7)\), alors \(d\) divise la différence \((n+7)-n=7\) — donc \(d\in\{1,7\}\) si \(d\in\mathbb{N}^*\).

1.2 La division euclidienne

Théorème Soient \(a\in\mathbb{Z}\) et \(b\in\mathbb{N}^*\). Il existe un unique couple \((q,r)\in\mathbb{Z}\times\mathbb{N}\) tel que \[a=b\,q+r\quad\text{avec}\quad 0\le rquotient, \(r\) le reste.
Exemples : \(47=6\times7+5\) (\(q=7,r=5\)). Pour \(a=-47\) : \(-47=6\times(-8)+1\), donc \(q=-8,r=1\) — le reste est toujours positif.
Propriété \(b\mid a\) si et seulement si le reste de la division euclidienne de \(a\) par \(b\) est nul.
Méthode — utiliser les restes possibles Pour démontrer une propriété de divisibilité « pour tout entier \(n\) », on discute selon le reste de \(n\) dans la division par \(b\) : seulement \(b\) cas (\(r=0,1,\dots,b-1\)). C'est le raisonnement par disjonction des cas.
Exemple : \(n(n+1)\) est pair. Si \(n=2k\), \(n(n+1)=2k(n+1)\) ; si \(n=2k+1\), \(n+1=2(k+1)\) et \(n(n+1)=2n(k+1)\). Dans les deux cas \(2\mid n(n+1)\).

1.3 PGCD et algorithme d'Euclide

PGCD Soient \(a,b\) deux entiers naturels non tous deux nuls. L'ensemble de leurs diviseurs communs admet un plus grand élément, le plus grand commun diviseur \(\mathrm{pgcd}(a,b)\) (ou \(a\wedge b\)).
Lemme d'Euclide Si \(a=bq+r\) (division euclidienne), alors \(\mathrm{pgcd}(a,b)=\mathrm{pgcd}(b,r)\).
Preuve : tout diviseur commun de \(a,b\) divise \(r=a-bq\) ; réciproquement tout diviseur commun de \(b,r\) divise \(a=bq+r\). Mêmes diviseurs communs, donc même plus grand. ∎
Méthode — algorithme d'Euclide On remplace \((a,b)\) par \((b,r)\) et on recommence, jusqu'à un reste nul. Le dernier reste non nul est le PGCD.
Exemple \(\mathrm{pgcd}(1071,462)\) : \[\begin{array}{rcl}1071 &=& 462\times2+147\\ 462 &=& 147\times3+21\\ 147 &=& 21\times7+0\end{array}\] Dernier reste non nul : \(21\), donc \(\mathrm{pgcd}(1071,462)=21\).
Entiers premiers entre eux \(a\) et \(b\) sont premiers entre eux lorsque \(\mathrm{pgcd}(a,b)=1\). Si \(d=\mathrm{pgcd}(a,b)\), il existe \(a',b'\) premiers entre eux tels que \(a=d\,a'\), \(b=d\,b'\) : c'est la fraction irréductible \(\frac ab=\frac{a'}{b'}\).

1.4 PPCM

PPCM Le plus petit commun multiple strictement positif de \(a\) et \(b\) (non nuls) est noté \(\mathrm{ppcm}(a,b)\) (ou \(a\vee b\)).
Relation fondamentale Pour tous entiers naturels non nuls \(a,b\) : \(\mathrm{pgcd}(a,b)\times\mathrm{ppcm}(a,b)=a\times b\).
Exemple : \(\mathrm{pgcd}(12,18)=6\), donc \(\mathrm{ppcm}(12,18)=\frac{12\times18}{6}=36\).

1.5 Les nombres premiers

Nombre premier Un entier \(p\ge2\) est premier lorsqu'il admet exactement deux diviseurs positifs : \(1\) et \(p\). Un entier \(n\ge2\) non premier est composé.
\(1\) n'est pas premier \(1\) n'a qu'un seul diviseur positif, pas deux. L'exclure rend unique la décomposition en facteurs premiers (sinon on ajouterait autant de facteurs \(1\) que l'on veut).
Les premiers inférieurs à \(100\) \[2,3,5,7,11,13,17,19,23,29,31,37,41,43,47,\] \[53,59,61,67,71,73,79,83,89,97.\] Il y en a \(25\). Le seul premier pair est \(2\).
Test de primalité Si un entier \(n\ge2\) n'est divisible par aucun nombre premier \(p\le\sqrt n\), alors \(n\) est premier.
Exemple : \(n=211\), \(\sqrt{211}\approx14{,}5\) ; on teste \(2,3,5,7,11,13\) : aucun ne divise \(211\), donc \(211\) est premier.
Euclide — infinité de nombres premiers L'ensemble des nombres premiers est infini.
Preuve (absurde) : supposons-les en nombre fini \(p_1,\dots,p_k\) ; posons \(N=p_1\cdots p_k+1\ge2\). \(N\) admet un diviseur premier \(p\), l'un des \(p_i\) ; alors \(p\mid N\) et \(p\mid p_1\cdots p_k\), donc \(p\mid1\) — impossible. Contradiction. ∎

1.6 Décomposition en facteurs premiers

Théorème fondamental de l'arithmétique Tout entier \(n\ge2\) s'écrit de manière unique (à l'ordre près) : \[n=p_1^{\alpha_1}\,p_2^{\alpha_2}\cdots p_k^{\alpha_k},\] où les \(p_i\) sont des premiers distincts et \(\alpha_i\in\mathbb{N}^*\).
Exemples : \(360=2^3\times3^2\times5\) et \(84=2^2\times3\times7\).
Lire le PGCD et le PPCM sur la décomposition Exposant le plus petit pour le PGCD, le plus grand pour le PPCM : \[\mathrm{pgcd}=\prod p_i^{\min(\alpha_i,\beta_i)},\qquad \mathrm{ppcm}=\prod p_i^{\max(\alpha_i,\beta_i)}.\] Exemple : \(\mathrm{pgcd}(360,84)=2^2\times3=12\), \(\mathrm{ppcm}(360,84)=2^3\times3^2\times5\times7=2520\).
Nombre de diviseurs Si \(n=p_1^{\alpha_1}\cdots p_k^{\alpha_k}\), le nombre de diviseurs positifs est \((\alpha_1+1)(\alpha_2+1)\cdots(\alpha_k+1)\).
Exemple : \(360=2^3 3^2 5^1\) a \((3+1)(2+1)(1+1)=24\) diviseurs.

1.7 Congruences modulo \(n\)

Congruence Soit \(n\in\mathbb{N}^*\). Deux entiers \(a,b\) sont congrus modulo \(n\), noté \(a\equiv b\ [n]\), lorsque \(n\mid(a-b)\) ; autrement dit \(a\) et \(b\) ont le même reste dans la division par \(n\).
Exemples : \(17\equiv2\ [5]\) car \(17-2=15\) ; \(-3\equiv4\ [7]\) car \(-3-4=-7\).
Compatibilité avec les opérations Si \(a\equiv b\ [n]\) et \(c\equiv d\ [n]\), alors \[a+c\equiv b+d\ [n],\qquad a\,c\equiv b\,d\ [n],\qquad a^m\equiv b^m\ [n]\ (m\in\mathbb{N}).\]
Le super-pouvoir des congruences On peut remplacer un nombre par son reste avant de calculer. C'est ce qui permet de traiter des puissances énormes.
Exemple — reste de \(7^{100}\) modulo \(5\) : \(7\equiv2\ [5]\), donc \(7^{100}\equiv2^{100}\ [5]\). Or \(2^4=16\equiv1\ [5]\) et \(100=4\times25\), donc \(2^{100}=(2^4)^{25}\equiv1\ [5]\). Le reste est \(1\).
Critères de divisibilité Comme \(10\equiv1\ [9]\) et \(10\equiv1\ [3]\), un entier est congru à la somme de ses chiffres modulo \(9\) (et modulo \(3\)) : il est divisible par \(3\) (resp. \(9\)) ssi la somme de ses chiffres l'est.

2 · Exercices résolus

Euclide

Exercice 1

Déterminer \(\mathrm{pgcd}(1128,468)\) par l'algorithme d'Euclide, en déduire \(\mathrm{ppcm}(1128,468)\) et rendre \(\frac{1128}{468}\) irréductible.

Voir la correction

Algorithme d'Euclide : \[\begin{array}{rcl}1128 &=& 468\times2+192\\ 468 &=& 192\times2+84\\ 192 &=& 84\times2+24\\ 84 &=& 24\times3+12\\ 24 &=& 12\times2+0\end{array}\] Dernier reste non nul : \(12\), donc \(\mathrm{pgcd}(1128,468)=12\).

\(\mathrm{ppcm}=\frac{1128\times468}{12}=1128\times39=43\,992\).

\(1128=12\times94\) et \(468=12\times39\), donc \(\frac{1128}{468}=\frac{94}{39}\), irréductible (\(\mathrm{pgcd}(94,39)=1\)). ∎

Disjonction

Exercice 2

Montrer que pour tout \(n\in\mathbb{N}\), \(n(n+1)(n+2)\) est divisible par \(6\).

Voir la correction

Par \(2\) : parmi \(n\) et \(n+1\), l'un est pair, donc \(2\mid n(n+1)\), donc \(2\mid n(n+1)(n+2)\).

Par \(3\) : selon le reste de \(n\) modulo \(3\) : si \(n\equiv0\), \(3\mid n\) ; si \(n\equiv1\), \(n+2\equiv0\) ; si \(n\equiv2\), \(n+1\equiv0\). Dans tous les cas \(3\mid n(n+1)(n+2)\).

Comme \(2\) et \(3\) sont premiers entre eux et divisent le produit, \(6=2\times3\) le divise aussi. ∎

PGCD variable

Exercice 3

Soit \(n\in\mathbb{N}\). Déterminer les valeurs possibles de \(d=\mathrm{pgcd}(n+3,\ n+7)\).

Voir la correction

\(d\) divise \(n+3\) et \(n+7\), donc leur différence \((n+7)-(n+3)=4\). Donc \(d\) est un diviseur positif de \(4\) : \(d\in\{1,2,4\}\).

Ces valeurs sont atteintes : \(n=0\) → \(\mathrm{pgcd}(3,7)=1\) ; \(n=1\) → \(\mathrm{pgcd}(4,8)=4\) ; \(n=3\) → \(\mathrm{pgcd}(6,10)=2\). Donc \(d\in\{1,2,4\}\). ∎

L'essentiel du chapitre
  • \(a\mid b\iff\exists k\in\mathbb{Z},\ b=ak\). Règle-reine : si \(d\) divise \(a\) et \(b\), il divise toute combinaison \(au+bv\).
  • Division euclidienne : \(a=bq+r\), \(0\le runique ; reste \(\ge0\).
  • Algorithme d'Euclide : \(\mathrm{pgcd}(a,b)=\mathrm{pgcd}(b,r)\) ; dernier reste non nul = PGCD.
  • \(\mathrm{pgcd}(a,b)\times\mathrm{ppcm}(a,b)=a\times b\).
  • Premier : exactement deux diviseurs ; tester par les premiers \(\le\sqrt n\) ; infinité (Euclide).
  • Décomposition unique : \(\min\) des exposants → PGCD, \(\max\) → PPCM ; \(\prod(\alpha_i+1)\) diviseurs.
  • Congruences : \(a\equiv b\ [n]\iff n\mid(a-b)\), compatibles avec \(+,\times\) et les puissances.
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