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2ᵉ Bac · Sciences Maths · Examen national de mathématiques

2023Session de rattrapage

الامتحان الوطني في مادة الرياضيات — الثانية باكالوريا علوم رياضية 2023 (الدورة الاستدراكية) مع التصحيح

Télécharger le sujet officiel (PDF) ↗

Corrigé détaillé de l'examen national de mathématiques — 2ᵉ Bac Sciences Mathématiques (A) et (B), session de rattrapage 2023. L'épreuve (durée 4 h, coefficient 9) comporte quatre exercices indépendants : un long exercice d'analyse (famille de fonctions \(f_n=\sqrt x(\ln x)^n\), suite récurrente, volume de révolution), un exercice sur les nombres complexes (système non linéaire, géométrie du cercle unité), un exercice sur les structures algébriques (sous-groupe de matrices, isomorphismes, corps commutatif) et un exercice d'arithmétique (somme géométrique modulo un premier, théorème de Fermat). Chaque question est reprise puis résolue pas à pas. Le sujet officiel est téléchargeable en haut de page.

Exercice 1 · Analyse (10 points)

Énoncé — Partie I

Pour chaque entier naturel non nul \(n\), on considère la fonction \(f_n\) définie sur \(I=[0,+\infty[\) par :

\[\forall\,x\in\,]0,+\infty[,\quad f_n(x)=\sqrt{x}\,(\ln x)^{n}\qquad\text{et}\qquad f_n(0)=0.\]

On note \((\mathcal C_n)\) la courbe de \(f_n\) dans un repère orthonormé \((O,\vec i,\vec j)\).

1) a) Vérifier que \(\sqrt{x}\,(\ln x)^{n}=(2n)^{n}\!\left(x^{\frac{1}{2n}}\ln\!\big(x^{\frac{1}{2n}}\big)\right)^{n}\), en déduire que \(f_n\) est continue à droite en \(0\).
b) Calculer \(\displaystyle\lim_{x\to+\infty}f_n(x)\).
c) Vérifier que \(\dfrac{f_n(x)}{x}=(2n)^{n}\!\left(\dfrac{\ln\!\big(x^{\frac{1}{2n}}\big)}{x^{\frac{1}{2n}}}\right)^{n}\), en déduire \(\displaystyle\lim_{x\to+\infty}\dfrac{f_n(x)}{x}\) et interpréter géométriquement.
d) Calculer, selon la parité de \(n\), \(\displaystyle\lim_{x\to 0^{+}}\dfrac{f_n(x)}{x}\) et interpréter géométriquement.

2) a) Montrer que \(f_n\) est dérivable sur \(]0,+\infty[\) et que \[f_n'(x)=\frac{1}{2\sqrt{x}}\,(\ln x)^{n-1}(2n+\ln x).\] b) Vérifier que pour \(n\ge2\), \(f_n'(x)=0\) si et seulement si \(x=1\) ou \(x=e^{-2n}\).
c) Étudier, selon la parité de \(n\), les variations de \(f_n\) et dresser son tableau de variations.
d) Montrer que si \(n\) est impair et \(n\ge3\), le point d'abscisse \(1\) est un point d'inflexion de \((\mathcal C_n)\).

Énoncé — Partie II

Soit \(\beta\in\,]1,e[\) un réel fixé. On considère la suite \((u_n)_{n\ge1}\) définie par \(u_n=f_n(\beta)\).

1) a) Montrer que \(0\lt u_n\lt\sqrt{e}\).
b) Montrer que \((u_n)\) est décroissante.
c) Déterminer \(\displaystyle\lim_{n\to+\infty}u_n\).

2) a) Montrer que pour tout entier \(n\) non nul, il existe un unique \(x_n\in\,]1,e[\) tel que \(f_n(x_n)=1\).
b) Montrer que la suite \((x_n)\) est croissante ; en déduire qu'elle est convergente.

3) On pose \(\ell=\displaystyle\lim_{n\to+\infty}x_n\).
a) Montrer que \(1\lt\ell\le e\).
b) Montrer que \(\displaystyle\lim_{n\to+\infty}(\ln x_n)^{n}=\dfrac{1}{\sqrt{\ell}}\).
c) Montrer que si \(\ell\lt e\) alors \(\displaystyle\lim_{n\to+\infty}n\ln(\ln x_n)=-\infty\).
d) En déduire la valeur de \(\ell\).

Énoncé — Partie III

Pour \(x\in I\), on pose \(F(x)=\displaystyle\int_x^{1}\!\big(f_1(t)\big)^{2}\,dt\).

1) a) Montrer que \(F\) est continue sur \(I\).
b) À l'aide d'une intégration par parties (deux fois), montrer que \[F(x)=-\frac{x^{2}}{2}\ln^{2}(x)+\frac{x^{2}}{2}\ln(x)+\frac{1}{4}(1-x^{2}).\]

2) a) Calculer \(\displaystyle\lim_{\substack{x\to 0\\x\gt0}}F(x)\).
b) En déduire \(F(0)\).
c) Calculer, en cm³, le volume du solide engendré par la rotation de la courbe \((\mathcal C_1)\) restreinte à \([0,1]\) autour de l'axe des abscisses (\(|\vec i|=1\,\text{cm}\)).

Voir la solution

Partie I — 1) a) Continuité à droite en \(0\)

Posons \(t=x^{1/(2n)}\), soit \(x=t^{2n}\). Alors \(\sqrt{x}=t^{n}\) et \(\ln x=2n\ln t\), d'où : \[\sqrt{x}\,(\ln x)^{n}=t^{n}\,(2n\ln t)^{n}=(2n)^{n}\,(t\ln t)^{n}=(2n)^{n}\!\left(x^{\frac{1}{2n}}\ln\!\big(x^{\frac{1}{2n}}\big)\right)^{n}.\]

Quand \(x\to 0^{+}\), \(t=x^{1/(2n)}\to 0^{+}\) et \(t\ln t\to 0\), donc \((t\ln t)^{n}\to 0\). Ainsi : \[\lim_{x\to 0^{+}}f_n(x)=(2n)^{n}\cdot 0=0=f_n(0),\] ce qui prouve que \(f_n\) est continue à droite en \(0\). ∎

Partie I — 1) b) Limite en \(+\infty\)

Pour \(x\to+\infty\) : \(\sqrt{x}\to+\infty\) et \((\ln x)^{n}\to+\infty\), donc \(\boxed{\lim_{x\to+\infty}f_n(x)=+\infty.}\) ∎

Partie I — 1) c) Branche parabolique

Avec la même substitution : \[\frac{f_n(x)}{x}=\frac{\sqrt{x}\,(\ln x)^{n}}{x}=\frac{(\ln x)^{n}}{\sqrt{x}}=(2n)^{n}\!\left(\frac{\ln\!\big(x^{1/(2n)}\big)}{x^{1/(2n)}}\right)^{n}.\]

Quand \(x\to+\infty\), \(x^{1/(2n)}\to+\infty\) et \(\dfrac{\ln u}{u}\to 0\) quand \(u\to+\infty\), donc chaque facteur tend vers \(0\). Ainsi : \[\lim_{x\to+\infty}\frac{f_n(x)}{x}=0.\]

Interprétation : \((\mathcal C_n)\) admet une branche parabolique de direction l'axe des abscisses en \(+\infty\). ∎

Partie I — 1) d) Demi-tangente en \(O\) selon la parité de \(n\)

Pour \(x\to 0^{+}\) : \[\frac{f_n(x)}{x}=\frac{(\ln x)^{n}}{\sqrt{x}}.\]

Posons \(t=1/x\to+\infty\). Alors \(\ln x=-\ln t\) et \(\sqrt{x}=1/\sqrt{t}\), d'où : \[\frac{f_n(x)}{x}=\frac{(-\ln t)^{n}}{1/\sqrt{t}}=(-1)^{n}\frac{(\ln t)^{n}}{\sqrt{t}}\cdot\sqrt{t}\cdot\frac{1}{1}=(-1)^{n}\,\sqrt{t}\,\frac{(\ln t)^{n}}{t}.\]

Oups, reprenons plus simplement. \(\dfrac{(\ln x)^n}{\sqrt{x}}\) quand \(x\to0^+\) : posons \(u=1/x\to+\infty\). \[\frac{(\ln x)^n}{\sqrt{x}} = \frac{(-\ln u)^n}{1/\sqrt{u}} = (-1)^n\,\sqrt{u}\,(\ln u)^n \to (-1)^n\cdot(+\infty).\]

Si \(n\) est pair : \(\dfrac{f_n(x)}{x}\to+\infty\). La demi-tangente en \(O\) à droite est verticale dirigée vers le haut.
Si \(n\) est impair : \(\dfrac{f_n(x)}{x}\to-\infty\). La demi-tangente en \(O\) à droite est verticale dirigée vers le bas. ∎

Partie I — 2) a) Dérivabilité et expression de \(f_n'\)

Pour \(x\gt 0\), \(f_n(x)=\sqrt{x}\,(\ln x)^{n}\). Par dérivation du produit : \[f_n'(x)=\frac{1}{2\sqrt{x}}\,(\ln x)^{n}+\sqrt{x}\cdot\frac{n(\ln x)^{n-1}}{x}=\frac{(\ln x)^{n}}{2\sqrt{x}}+\frac{n(\ln x)^{n-1}}{\sqrt{x}}.\]

On factorise par \(\dfrac{(\ln x)^{n-1}}{2\sqrt{x}}\) : \[f_n'(x)=\frac{(\ln x)^{n-1}}{2\sqrt{x}}\Big(\ln x+2n\Big)=\frac{1}{2\sqrt{x}}\,(\ln x)^{n-1}(2n+\ln x).\quad∎\]

Partie I — 2) b) \(f_n'(x)=0\) pour \(n\ge 2\)

\(f_n'(x)=0\) ⟺ \((\ln x)^{n-1}=0\) ou \(2n+\ln x=0\).

- \((\ln x)^{n-1}=0\) ⟺ \(\ln x=0\) ⟺ \(x=1\).
- \(2n+\ln x=0\) ⟺ \(\ln x=-2n\) ⟺ \(x=e^{-2n}\).

Pour \(n\ge 2\), \(e^{-2n}\ne 1\), donc les deux solutions sont \(\boxed{x=1}\) et \(\boxed{x=e^{-2n}}\). ∎

Partie I — 2) c) Variations de \(f_n\) selon la parité de \(n\)

Le signe de \(f_n'(x)=\dfrac{1}{2\sqrt{x}}\,(\ln x)^{n-1}(2n+\ln x)\) dépend des facteurs \((\ln x)^{n-1}\) et \((2n+\ln x)\).

Notons \(a=e^{-2n}\lt 1\). Sur \(]0,+\infty[\), \(2n+\ln x\gt 0\) ⟺ \(x\gt e^{-2n}=a\).

Cas \(n\) pair

\((\ln x)^{n-1}\) a le signe de \(\ln x\) (puissance impaire \(n-1\)).

- Sur \(]0,a[\) : \(\ln x\lt 0\) et \(2n+\ln x\lt 0\), donc \(f_n'\gt 0\) : \(f_n\) croissante.
- Sur \(]a,1[\) : \(\ln x\lt 0\) et \(2n+\ln x\gt 0\), donc \(f_n'\lt 0\) : \(f_n\) décroissante.
- Sur \(]1,+\infty[\) : \(\ln x\gt 0\) et \(2n+\ln x\gt 0\), donc \(f_n'\gt 0\) : \(f_n\) croissante.

Maximum local en \(x=a=e^{-2n}\) : \(f_n(a)=\sqrt{e^{-2n}}\,(-2n)^{n}=e^{-n}\,(2n)^{n}\).
Minimum local en \(x=1\) : \(f_n(1)=0\).

Cas \(n\) impair

\((\ln x)^{n-1}\ge 0\) toujours (puissance paire \(n-1\)).

- Sur \(]0,a[\) : \(2n+\ln x\lt 0\), donc \(f_n'\le 0\) : \(f_n\) décroissante.
- Sur \(]a,+\infty[\) : \(2n+\ln x\gt 0\), donc \(f_n'\ge 0\) : \(f_n\) croissante.

Minimum en \(x=a=e^{-2n}\) : \(f_n(a)=e^{-n}\,(-2n)^{n}=-e^{-n}\,(2n)^{n}\).
\(f_n(1)=0\) n'est pas un extremum (la dérivée s'annule mais ne change pas de signe).

Partie I — 2) d) Point d'inflexion pour \(n\) impair, \(n\ge 3\)

Pour \(n\) impair, \(f_n'(x)=\dfrac{(\ln x)^{n-1}}{2\sqrt{x}}\,(2n+\ln x)\). Puisque \(n-1\) est pair, \((\ln x)^{n-1}\ge 0\) et \(2n+\ln x\gt 0\) au voisinage de \(x=1\) (car \(2n+0=2n\gt0\)).

Ainsi \(f_n'(x)\ge 0\) et \(f_n'(1)=0\). La dérivée s'annule en \(x=1\) sans changer de signe. Étudions \(f_n''\) :

Le facteur \((\ln x)^{n-1}\) avec \(n-1\ge 2\) pair s'annule en \(x=1\). Au voisinage de \(x=1\), le terme dominant est \((\ln x)^{n-1}\) qui est positif des deux côtés. Plus précisément, \(f_n'\) se comporte comme \(\dfrac{2n}{2}\,(\ln x)^{n-1}=n(\ln x)^{n-1}\) près de \(x=1\).

Pour \(n\ge 3\) impair, \(n-1\ge 2\) est pair, donc \((\ln x)^{n-1}\) a un minimum local nul en \(x=1\) et est convexe à gauche, concave à droite (ou vice-versa). Le passage par un ordre pair de tangence à zéro de \(f_n'\) implique un changement de concavité de \(f_n\) en \(x=1\) : c'est un point d'inflexion. ∎

Partie II — 1) a) Encadrement de \(u_n\)

\(u_n=f_n(\beta)=\sqrt{\beta}\,(\ln\beta)^{n}\). Puisque \(\beta\in\,]1,e[\), on a \(0\lt\ln\beta\lt 1\) et \(\sqrt{\beta}\gt 0\).

Donc \(u_n=\sqrt{\beta}\,(\ln\beta)^{n}\gt 0\) (produit de deux termes positifs).

D'autre part, \(0\lt\ln\beta\lt 1\) entraîne \((\ln\beta)^{n}\lt 1\), et \(\sqrt{\beta}\lt\sqrt{e}\), d'où : \[u_n=\sqrt{\beta}\,(\ln\beta)^{n}\lt\sqrt{e}\cdot 1=\sqrt{e}.\] Conclusion : \(\boxed{0\lt u_n\lt\sqrt{e}}\). ∎

Partie II — 1) b) \((u_n)\) décroissante

\(\dfrac{u_{n+1}}{u_n}=\dfrac{\sqrt{\beta}\,(\ln\beta)^{n+1}}{\sqrt{\beta}\,(\ln\beta)^{n}}=\ln\beta\).

Or \(0\lt\ln\beta\lt 1\), donc \(u_{n+1}\lt u_n\) : la suite \((u_n)\) est strictement décroissante. ∎

Partie II — 1) c) Limite de \((u_n)\)

\(u_n=\sqrt{\beta}\,(\ln\beta)^{n}\). Puisque \(|\ln\beta|\lt 1\), on a \((\ln\beta)^{n}\to 0\), donc \(\boxed{\lim_{n\to+\infty}u_n=0}\). ∎

Partie II — 2) a) Existence et unicité de \(x_n\in\,]1,e[\)

Sur \(]1,e[\), pour \(n\) pair ou impair, \(f_n\) est strictement croissante (car \(\ln x\gt 0\) et \(2n+\ln x\gt 0\), donc \(f_n'\gt 0\)).

\(f_n(1)=\sqrt{1}\cdot 0^{n}=0\lt 1\) et \(f_n(e)=\sqrt{e}\cdot 1^{n}=\sqrt{e}\approx 1{,}65\gt 1\).

Par le théorème de la bijection, l'équation \(f_n(x)=1\) admet une unique solution \(x_n\in\,]1,e[\). ∎

Partie II — 2) b) \((x_n)\) croissante et convergente

On a \(f_n(x_n)=1\) et \(f_{n+1}(x_n)=\sqrt{x_n}\,(\ln x_n)^{n+1}=f_n(x_n)\cdot\ln x_n=\ln x_n\).

Puisque \(x_n\in\,]1,e[\), on a \(0\lt\ln x_n\lt 1\), donc \(f_{n+1}(x_n)=\ln x_n\lt 1=f_{n+1}(x_{n+1})\).

\(f_{n+1}\) étant strictement croissante sur \(]1,e[\), on en déduit \(x_n\lt x_{n+1}\) : la suite est croissante.

De plus \(x_n\lt e\) pour tout \(n\), donc \((x_n)\) est croissante et majorée : elle converge. ∎

Partie II — 3) a) \(1\lt\ell\le e\)

\((x_n)\) est croissante avec \(x_1\gt 1\), donc \(\ell=\lim x_n\ge x_1\gt 1\). De plus \(x_n\lt e\) pour tout \(n\), donc \(\ell\le e\) par passage à la limite. Ainsi \(\boxed{1\lt\ell\le e}\). ∎

Partie II — 3) b) \(\lim(\ln x_n)^{n}=1/\sqrt{\ell}\)

De \(f_n(x_n)=1\), soit \(\sqrt{x_n}\,(\ln x_n)^{n}=1\), on tire : \[(\ln x_n)^{n}=\frac{1}{\sqrt{x_n}}.\] En passant à la limite : \(\displaystyle\lim_{n\to+\infty}(\ln x_n)^{n}=\frac{1}{\sqrt{\ell}}\). ∎

Partie II — 3) c) Si \(\ell\lt e\), alors \(\lim n\ln(\ln x_n)=-\infty\)

Si \(\ell\lt e\), alors pour \(n\) assez grand, \(x_n\lt e\), donc \(\ln x_n\lt 1\), soit \(\ln(\ln x_n)\lt 0\).

De \((\ln x_n)^{n}=1/\sqrt{x_n}\), on prend le logarithme : \[n\ln(\ln x_n)=\ln\!\Big(\frac{1}{\sqrt{x_n}}\Big)=-\frac{1}{2}\ln x_n.\]

Or \(\ln x_n\to\ln\ell\gt 0\) (car \(\ell\gt 1\)), donc \(n\ln(\ln x_n)=-\dfrac{\ln x_n}{2}\). Ceci tend vers \(-\dfrac{\ln\ell}{2}\), qui est fini et négatif…

En fait, vérifions : \(n\ln(\ln x_n)=-\frac12\ln x_n\to-\frac12\ln\ell\), une constante finie. Mais l'énoncé dit de montrer que cela tend vers \(-\infty\), ce qui est contradictoire si \(\ell\) est fini.

Reprenons. De \((\ln x_n)^n = 1/\sqrt{x_n}\), on a \(n\ln(\ln x_n) = -\frac12\ln x_n\). Puisque \(\ln x_n \to \ln\ell \in\,]0,1[\) (car \(1\lt\ell\lt e\)), le membre de gauche est \(n\) fois une quantité négative convergente. Comme \(\ln(\ln x_n)\to\ln(\ln\ell)\lt 0\) (car \(\ln\ell\lt 1\)), on a : \[n\ln(\ln x_n)\sim n\ln(\ln\ell)\xrightarrow[n\to+\infty]{}-\infty.\] Donc \(\boxed{\lim_{n\to+\infty}n\ln(\ln x_n)=-\infty}\). ∎

Partie II — 3) d) Valeur de \(\ell\)

Si \(\ell\lt e\), la partie 3c donne \(n\ln(\ln x_n)\to-\infty\), c'est-à-dire \((\ln x_n)^n\to 0\). Mais la partie 3b dit \((\ln x_n)^n\to 1/\sqrt{\ell}\gt 0\) : contradiction.

Donc \(\ell\not\lt e\), et comme \(\ell\le e\), on conclut \(\boxed{\ell=e}\). ∎

Partie III — 1) a) Continuité de \(F\)

\(f_1(t)=\sqrt{t}\,\ln t\) pour \(t\gt 0\), donc \(\big(f_1(t)\big)^{2}=t(\ln t)^{2}\), qui est continue sur \(]0,+\infty[\).

Pour \(x\gt 0\), \(F(x)=\int_x^{1}t(\ln t)^{2}\,dt\) est une intégrale à bornes continues d'une fonction continue : \(F\) est continue sur \(]0,+\infty[\). En \(x=0\), la continuité de \(f_1\) en \(0\) (avec \(f_1(0)=0\)) assure que \((f_1)^2\) est continue sur \([0,1]\), donc \(F(0)=\int_0^{1}t(\ln t)^{2}\,dt\) converge et \(F\) est continue sur \(I=[0,+\infty[\). ∎

Partie III — 1) b) Calcul de \(F(x)\) par IPP

Pour \(x\gt 0\) : \[F(x)=\int_x^{1}t(\ln t)^{2}\,dt.\]

Première IPP : \(u=(\ln t)^{2}\), \(dv=t\,dt\), soit \(du=\dfrac{2\ln t}{t}\,dt\), \(v=\dfrac{t^{2}}{2}\).

\[F(x)=\Big[\frac{t^{2}}{2}(\ln t)^{2}\Big]_x^{1}-\int_x^{1}\frac{t^{2}}{2}\cdot\frac{2\ln t}{t}\,dt=-\frac{x^{2}}{2}(\ln x)^{2}-\int_x^{1}t\ln t\,dt.\]

Deuxième IPP : \(u=\ln t\), \(dv=t\,dt\), soit \(du=\dfrac{dt}{t}\), \(v=\dfrac{t^{2}}{2}\).

\[\int_x^{1}t\ln t\,dt=\Big[\frac{t^{2}}{2}\ln t\Big]_x^{1}-\int_x^{1}\frac{t}{2}\,dt=-\frac{x^{2}}{2}\ln x-\Big[\frac{t^{2}}{4}\Big]_x^{1}=-\frac{x^{2}}{2}\ln x-\frac{1}{4}+\frac{x^{2}}{4}.\]

Donc : \[F(x)=-\frac{x^{2}}{2}(\ln x)^{2}-\Big(-\frac{x^{2}}{2}\ln x-\frac{1}{4}+\frac{x^{2}}{4}\Big)=-\frac{x^{2}}{2}\ln^{2}(x)+\frac{x^{2}}{2}\ln(x)+\frac{1}{4}(1-x^{2}).\quad∎\]

Partie III — 2) a) \(\lim_{x\to 0^{+}}F(x)\)

\(F(x)=-\dfrac{x^{2}}{2}\ln^{2}(x)+\dfrac{x^{2}}{2}\ln(x)+\dfrac{1}{4}(1-x^{2})\).

Quand \(x\to 0^{+}\) : \(x^{2}\ln^{2}(x)\to 0\) et \(x^{2}\ln(x)\to 0\) (croissances comparées), d'où : \[\lim_{x\to 0^{+}}F(x)=0+0+\frac{1}{4}=\boxed{\frac{1}{4}}.\quad∎\]

Partie III — 2) b) \(F(0)\)

Par continuité de \(F\) en \(0\) (question 1a) : \[F(0)=\lim_{x\to 0^{+}}F(x)=\boxed{\frac{1}{4}}.\quad∎\]

Partie III — 2) c) Volume de révolution

Le volume engendré par la rotation de \((\mathcal C_1)\) sur \([0,1]\) autour de l'axe des abscisses est : \[V=\pi\int_0^{1}\big(f_1(t)\big)^{2}\,dt=\pi\,F(0)=\frac{\pi}{4}\;\text{cm}^{3}.\]

Donc \(\boxed{V=\dfrac{\pi}{4}\approx 0{,}785\;\text{cm}^{3}}\). ∎

Exercice 2 · Nombres complexes (3,5 points)

Énoncé — Partie I

On considère dans \(\mathbb R_{+}^{2}\) le système :

\[(S):\begin{cases}\sqrt{x}\!\left(1+\dfrac{1}{x+y}\right)=\dfrac{12}{5}\\[6pt]\sqrt{y}\!\left(1-\dfrac{1}{x+y}\right)=\dfrac{4}{5}\end{cases}\]

1) Soit \((x,y)\in\mathbb R_{+}^{2}\) une solution de \((S)\). On pose \(z=\sqrt{x}+i\sqrt{y}\).
a) Montrer que \(z+\dfrac{1}{z}=\dfrac{12}{5}+\dfrac{4}{5}\,i\).
b) Montrer que \(z^{2}-\left(\dfrac{12}{5}+\dfrac{4}{5}\,i\right)z+1=0\). En déduire les valeurs possibles de \(z\).
(On note que \(\dfrac{28}{25}+\dfrac{96}{25}\,i=\left(\dfrac{2}{5}(4+3i)\right)^{2}\).)
c) En déduire les valeurs de \((x,y)\).

2) Résoudre dans \(\mathbb R_{+}^{2}\) le système \((S)\).

Énoncé — Partie II

Le plan complexe est rapporté à un repère orthonormé direct \((O,\vec u,\vec v)\).

Soit \((U)\) le cercle de centre \(O\) et de rayon \(1\), et \(A(a)\), \(B(b)\), \(C(c)\) trois points distincts deux à deux de \((U)\).

1) Montrer que \(|z|=1\;\Leftrightarrow\;\bar z=\dfrac{1}{z}\).
2) a) Le droite passant par \(A\) et parallèle à \((BC)\) coupe \((U)\) en \(P(p)\). Montrer que \(p=\dfrac{bc}{a}\).
b) La droite passant par \(A\) et perpendiculaire à \((BC)\) coupe \((U)\) en \(Q(q)\). Montrer que \(q=-p\).
c) La droite passant par \(C\) et parallèle à \((AB)\) coupe \((U)\) en \(R(r)\). Montrer que \((PR)\) et \((OB)\) sont perpendiculaires.

Voir la solution

Partie I — 1) a) \(z+1/z\)

\(z=\sqrt{x}+i\sqrt{y}\), donc \(z\bar z=|z|^{2}=x+y\) et \(\bar z=\sqrt{x}-i\sqrt{y}\).

\[\frac{1}{z}=\frac{\bar z}{|z|^{2}}=\frac{\sqrt{x}-i\sqrt{y}}{x+y}.\]

\[z+\frac{1}{z}=\sqrt{x}+i\sqrt{y}+\frac{\sqrt{x}-i\sqrt{y}}{x+y}=\sqrt{x}\!\left(1+\frac{1}{x+y}\right)+i\sqrt{y}\!\left(1-\frac{1}{x+y}\right).\]

Par le système \((S)\), cela donne \(z+\dfrac{1}{z}=\dfrac{12}{5}+\dfrac{4}{5}\,i\). ∎

Partie I — 1) b) Équation du second degré

En multipliant \(z+\dfrac{1}{z}=\dfrac{12}{5}+\dfrac{4}{5}\,i\) par \(z\) : \[z^{2}+1=\Big(\frac{12}{5}+\frac{4}{5}\,i\Big)z,\] soit \(z^{2}-\Big(\dfrac{12}{5}+\dfrac{4}{5}\,i\Big)z+1=0\).

Discriminant : \(\Delta=\Big(\dfrac{12}{5}+\dfrac{4}{5}\,i\Big)^{2}-4=\dfrac{144-16}{25}+\dfrac{96}{25}\,i-4=\dfrac{128}{25}-4+\dfrac{96}{25}\,i=\dfrac{28}{25}+\dfrac{96}{25}\,i\).

Or l'énoncé donne \(\dfrac{28}{25}+\dfrac{96}{25}\,i=\Big(\dfrac{2}{5}(4+3i)\Big)^{2}\). Vérifions : \(\Big(\dfrac{2}{5}\Big)^{2}(4+3i)^{2}=\dfrac{4}{25}(16+24i-9)=\dfrac{4}{25}(7+24i)=\dfrac{28}{25}+\dfrac{96}{25}\,i\). ✓

Donc \(\sqrt{\Delta}=\pm\dfrac{2}{5}(4+3i)=\pm\Big(\dfrac{8}{5}+\dfrac{6}{5}\,i\Big)\).

\[z=\frac{\frac{12}{5}+\frac{4}{5}\,i\pm\big(\frac{8}{5}+\frac{6}{5}\,i\big)}{2}.\]

\(z_1=\dfrac{\frac{20}{5}+\frac{10}{5}\,i}{2}=\dfrac{4+2i}{2}=2+i\).

\(z_2=\dfrac{\frac{4}{5}-\frac{2}{5}\,i}{2}=\dfrac{4-2i}{10}=\dfrac{2-i}{5}\).

Partie I — 1) c) Valeurs de \((x,y)\)

\(z=\sqrt{x}+i\sqrt{y}\) avec \(\sqrt{x}\ge 0\) et \(\sqrt{y}\ge 0\).

- \(z_1=2+i\) : \(\sqrt{x}=2\), \(\sqrt{y}=1\), donc \((x,y)=(4,1)\).
- \(z_2=\dfrac{2-i}{5}=\dfrac{2}{5}-\dfrac{1}{5}\,i\) : \(\sqrt{y}=-\dfrac{1}{5}\lt 0\), impossible.

La seule possibilité est \(\boxed{(x,y)=(4,1)}\). ∎

Partie I — 2) Vérification

Vérifions que \((4,1)\) est bien solution de \((S)\) :

\(\sqrt{4}\!\left(1+\dfrac{1}{4+1}\right)=2\cdot\dfrac{6}{5}=\dfrac{12}{5}\) ✓ et \(\sqrt{1}\!\left(1-\dfrac{1}{4+1}\right)=1\cdot\dfrac{4}{5}=\dfrac{4}{5}\) ✓.

La solution unique est \(\boxed{(x,y)=(4,1)}\). ∎

Partie II — 1) \(|z|=1\Leftrightarrow\bar z=1/z\)

\(|z|=1\;\Leftrightarrow\;z\bar z=1\;\Leftrightarrow\;\bar z=\dfrac{1}{z}\). ∎

Partie II — 2) a) \(p=bc/a\)

\(A,B,C,P\in(U)\), donc \(|a|=|b|=|c|=|p|=1\), d'où \(\bar a=1/a\), etc.

\((AP)\parallel(BC)\) signifie que \(\dfrac{p-a}{c-b}\in\mathbb R\), c'est-à-dire \(\dfrac{p-a}{c-b}=\overline{\!\left(\dfrac{p-a}{c-b}\right)}\).

Or \(\overline{\!\left(\dfrac{p-a}{c-b}\right)}=\dfrac{\bar p-\bar a}{\bar c-\bar b}=\dfrac{1/p-1/a}{1/c-1/b}=\dfrac{(a-p)/(ap)}{(b-c)/(bc)}=\dfrac{(a-p)\,bc}{(b-c)\,ap}=\dfrac{-(p-a)\,bc}{-(c-b)\,ap}=\dfrac{(p-a)\,bc}{(c-b)\,ap}\).

Donc la condition \(\dfrac{p-a}{c-b}=\dfrac{(p-a)\,bc}{(c-b)\,ap}\) (avec \(p\ne a\) et \(c\ne b\)) donne \(1=\dfrac{bc}{ap}\), soit \(\boxed{p=\dfrac{bc}{a}}\). ∎

Partie II — 2) b) \(q=-p\)

\((AQ)\perp(BC)\) signifie que \(\dfrac{q-a}{c-b}\in i\mathbb R\), c'est-à-dire \(\dfrac{q-a}{c-b}=-\overline{\!\left(\dfrac{q-a}{c-b}\right)}\).

Par le même calcul, \(\overline{\!\left(\dfrac{q-a}{c-b}\right)}=\dfrac{(q-a)\,bc}{(c-b)\,aq}\). La condition donne : \[\frac{q-a}{c-b}=-\frac{(q-a)\,bc}{(c-b)\,aq},\] soit \(1=-\dfrac{bc}{aq}\), d'où \(q=-\dfrac{bc}{a}=-p\). ∎

Partie II — 2) c) \((PR)\perp(OB)\)

Par le même raisonnement qu'en 2a, \((CR)\parallel(AB)\) donne \(r=\dfrac{ab}{c}\).

\((PR)\perp(OB)\) ⟺ \(\dfrac{r-p}{b-0}\in i\mathbb R\) ⟺ \(\dfrac{r-p}{b}+\overline{\!\left(\dfrac{r-p}{b}\right)}=0\).

Calculons \(\dfrac{r-p}{b}+\dfrac{\bar r-\bar p}{\bar b}\). On a \(\bar r=\dfrac{1}{r}=\dfrac{c}{ab}\), \(\bar p=\dfrac{1}{p}=\dfrac{a}{bc}\), \(\bar b=\dfrac{1}{b}\).

\[\frac{r-p}{b}=\frac{\frac{ab}{c}-\frac{bc}{a}}{b}=\frac{a}{c}-\frac{c}{a}=\frac{a^{2}-c^{2}}{ac}.\]

\[\frac{\bar r-\bar p}{\bar b}=\frac{\frac{c}{ab}-\frac{a}{bc}}{\frac{1}{b}}=b\!\left(\frac{c}{ab}-\frac{a}{bc}\right)=\frac{c}{a}-\frac{a}{c}=\frac{c^{2}-a^{2}}{ac}=-\frac{a^{2}-c^{2}}{ac}.\]

La somme est \(0\), donc \(\dfrac{r-p}{b}\in i\mathbb R\) : les droites \((PR)\) et \((OB)\) sont perpendiculaires. ∎

Exercice 3 · Structures algébriques (3,5 points)

Énoncé

On rappelle que \(\big(M_3(\mathbb R),+,\times\big)\) est un anneau unitaire non commutatif, d'élément unité \(I=\begin{pmatrix}1&0&0\\0&1&0\\0&0&1\end{pmatrix}\).

Soit \(E=\left\{M(a,b,c)=\begin{pmatrix}a&0&0\\0&b&-c\\0&c&b\end{pmatrix}\;\middle|\;(a,b,c)\in\mathbb R^{3}\right\}\).

1) Montrer que \(E\) est un sous-groupe de \(\big(M_3(\mathbb R),+\big)\).

2) On munit \(\mathbb R\times\mathbb C\) de la loi \(\ast\) définie par \((x,z)\ast(x',z')=(x+x',z+z')\). On considère \(\varphi:E\to\mathbb R\times\mathbb C\) définie par \(\varphi\big(M(a,b,c)\big)=(a,b+ci)\).
a) Montrer que \(\varphi\) est un isomorphisme de \((E,+)\) vers \((\mathbb R\times\mathbb C,\ast)\) et que \(\varphi(E)=\mathbb R\times\mathbb C\).
b) En déduire que \((\mathbb R\times\mathbb C,\ast)\) est un groupe commutatif.

3) On munit \(\mathbb R\times\mathbb C\) de la loi \(T\) définie par \[(x,z)\,T\,(x',z')=\big(x\,\text{Re}(z')+x'\text{Re}(z),\;zz'\big)\] où \(\text{Re}(z)\) désigne la partie réelle de \(z\).
a) Montrer que \(T\) est commutative.
b) Vérifier que \((0,1)\) est l'élément neutre de \(T\) dans \(\mathbb R\times\mathbb C\).
c) Vérifier que \(\forall\,x\in\mathbb R\), \((1,i)\,T\,(x,-i)=(0,1)\). En déduire que \(T\) n'est pas associative dans \(\mathbb R\times\mathbb C\).

4) Soit \(G=\big\{\big(\text{Im}(z),z\big)\;\big|\;z\in\mathbb C\big\}\).
a) Montrer que \(G\) est un sous-groupe de \((\mathbb R\times\mathbb C,\ast)\).
b) Soit \(\psi:\mathbb C^{*}\to\mathbb R\times\mathbb C\) définie par \(\psi(z)=\big(\text{Im}(z),z\big)\). Montrer que \(\psi\) est un isomorphisme de \((\mathbb C^{*},\times)\) vers \(\big(G\setminus\{(0,0)\},T\big)\).

5) Montrer que \((G,\ast,T)\) est un corps commutatif.

Voir la solution

1) \(E\) sous-groupe de \(\big(M_3(\mathbb R),+\big)\)

- Non vide : \(M(0,0,0)=0_{M_3}\in E\).
- Stabilité par différence : \(M(a,b,c)-M(a',b',c')=M(a-a',b-b',c-c')\in E\).

Par le critère du sous-groupe, \(E\) est un sous-groupe de \(\big(M_3(\mathbb R),+\big)\). ∎

2) a) \(\varphi\) isomorphisme

Morphisme : \(\varphi\big(M(a,b,c)+M(a',b',c')\big)=\varphi\big(M(a+a',b+b',c+c')\big)=(a+a',(b+b')+(c+c')i)\).

D'autre part, \(\varphi\big(M(a,b,c)\big)\ast\varphi\big(M(a',b',c')\big)=(a,b+ci)\ast(a',b'+c'i)=(a+a',(b+ci)+(b'+c'i))\). Les deux sont égaux. ✓

Injectivité : si \(\varphi(M(a,b,c))=(0,0)\), alors \(a=0\) et \(b+ci=0\), d'où \(b=c=0\) : \(\ker\varphi=\{0\}\).

Surjectivité : pour tout \((a,b+ci)\in\mathbb R\times\mathbb C\), on a \(\varphi(M(a,b,c))=(a,b+ci)\), donc \(\varphi(E)=\mathbb R\times\mathbb C\).

Ainsi \(\varphi\) est un isomorphisme de \((E,+)\) vers \((\mathbb R\times\mathbb C,\ast)\). ∎

2) b) Groupe commutatif

\((E,+)\) est un sous-groupe de \((M_3(\mathbb R),+)\), qui est commutatif (l'addition matricielle est commutative). Donc \((E,+)\) est un groupe commutatif. Par isomorphisme, \((\mathbb R\times\mathbb C,\ast)\) est aussi un groupe commutatif. ∎

3) a) \(T\) commutative

\((x,z)\,T\,(x',z')=(x\,\text{Re}(z')+x'\text{Re}(z),zz')\).

\((x',z')\,T\,(x,z)=(x'\text{Re}(z)+x\,\text{Re}(z'),z'z)\).

Puisque la multiplication complexe est commutative (\(zz'=z'z\)) et que l'addition réelle aussi, les deux expressions sont égales : \(T\) est commutative. ∎

3) b) Élément neutre \((0,1)\)

\((x,z)\,T\,(0,1)=(x\cdot\text{Re}(1)+0\cdot\text{Re}(z),z\cdot 1)=(x\cdot 1+0,z)=(x,z)\).

Par commutativité de \(T\), \((0,1)\,T\,(x,z)=(x,z)\) aussi. Donc \((0,1)\) est bien l'élément neutre de \(T\). ∎

3) c) Non-associativité de \(T\)

\((1,i)\,T\,(x,-i)=(1\cdot\text{Re}(-i)+x\cdot\text{Re}(i),i\cdot(-i))=(1\cdot 0+x\cdot 0,\;-i^{2})=(0,1)\).

Donc pour tout \(x\in\mathbb R\), \((1,i)\,T\,(x,-i)=(0,1)\), l'élément neutre. Cela signifie que \((1,i)\) admet plusieurs inverses à droite (un pour chaque \(x\in\mathbb R\)).

Si \(T\) était associative, l'inverse serait unique. La multiplicité des inverses prouve que \(T\) n'est pas associative dans \(\mathbb R\times\mathbb C\). ∎

4) a) \(G\) sous-groupe de \((\mathbb R\times\mathbb C,\ast)\)

\(G=\{(\text{Im}(z),z)\mid z\in\mathbb C\}\).

- Non vide : pour \(z=0\), \((0,0)\in G\).
- Stabilité par différence : soient \((\text{Im}(z),z)\) et \((\text{Im}(z'),z')\) dans \(G\). Alors : \[(\text{Im}(z),z)\ast(-\text{Im}(z'),-z')=(\text{Im}(z)-\text{Im}(z'),z-z')=(\text{Im}(z-z'),z-z')\in G.\]

Donc \(G\) est un sous-groupe de \((\mathbb R\times\mathbb C,\ast)\). ∎

4) b) \(\psi\) isomorphisme de \((\mathbb C^{*},\times)\) vers \((G\setminus\{(0,0)\},T)\)

Morphisme : \(\psi(zz')=(\text{Im}(zz'),zz')\). D'autre part : \[\psi(z)\,T\,\psi(z')=(\text{Im}(z),z)\,T\,(\text{Im}(z'),z')=\big(\text{Im}(z)\,\text{Re}(z')+\text{Im}(z')\,\text{Re}(z),\;zz'\big).\]

Or \(\text{Im}(z)\,\text{Re}(z')+\text{Re}(z)\,\text{Im}(z')=\text{Im}(zz')\) (formule classique du produit). Donc \(\psi(zz')=\psi(z)\,T\,\psi(z')\). ✓

Injectivité : si \(\psi(z)=(0,0)\), alors \(z=0\notin\mathbb C^{*}\). Sur \(\mathbb C^{*}\), \(\psi(z)=\psi(z')\) ⟹ \(z=z'\).

Surjectivité sur \(G\setminus\{(0,0)\}\) : tout élément \((\text{Im}(z),z)\) avec \(z\ne 0\) est l'image de \(z\in\mathbb C^{*}\).

Donc \(\psi\) est un isomorphisme de \((\mathbb C^{*},\times)\) vers \((G\setminus\{(0,0)\},T)\). ∎

5) \((G,\ast,T)\) corps commutatif

D'après les questions précédentes :

- \((G,\ast)\) est un groupe commutatif (sous-groupe du groupe commutatif \((\mathbb R\times\mathbb C,\ast)\)).
- \(T\) est commutative (question 3a).
- \(T\) admet l'élément neutre \((0,1)=(\text{Im}(1),1)\in G\) (question 3b).
- \((G\setminus\{(0,0)\},T)\) est un groupe commutatif, isomorphe à \((\mathbb C^{*},\times)\) via \(\psi\) (question 4b). En particulier, \(T\) est associative sur \(G\).

Il reste à vérifier la distributivité de \(T\) sur \(\ast\). Soient \((\text{Im}(z),z)\), \((\text{Im}(z'),z')\), \((\text{Im}(z''),z'')\in G\) :

\[(\text{Im}(z),z)\,T\,\Big((\text{Im}(z'),z')\ast(\text{Im}(z''),z'')\Big)=(\text{Im}(z),z)\,T\,(\text{Im}(z'+z''),z'+z'')\] \[=\big(\text{Im}(z)\,\text{Re}(z'+z'')+\text{Im}(z'+z'')\,\text{Re}(z),\;z(z'+z'')\big)\] \[=\big(\text{Im}(z)\,(\text{Re}(z')+\text{Re}(z''))+(\text{Im}(z')+\text{Im}(z''))\,\text{Re}(z),\;zz'+zz''\big).\]

En développant : \[=\big(\text{Im}(z)\,\text{Re}(z')+\text{Im}(z')\,\text{Re}(z)+\text{Im}(z)\,\text{Re}(z'')+\text{Im}(z'')\,\text{Re}(z),\;zz'+zz''\big)\] \[=\big(\text{Im}(zz')+\text{Im}(zz''),\;zz'+zz''\big)=\big(\text{Im}(zz'+zz''),\;zz'+zz''\big).\]

D'autre part : \[\psi(z)\,T\,\psi(z')\ast\psi(z)\,T\,\psi(z'')=(\text{Im}(zz'),zz')\ast(\text{Im}(zz''),zz'')=(\text{Im}(zz'+zz''),zz'+zz'').\]

Les deux expressions sont égales : \(T\) est distributive sur \(\ast\) dans \(G\). Ainsi \((G,\ast,T)\) est un corps commutatif. ∎

Exercice 4 · Arithmétique (3 points)

Énoncé

Soit \(p\) un nombre premier impair. On pose \(S=1+p+p^{2}+\cdots+p^{p-1}\). Soit \(q\) un nombre premier divisant \(S\).

1) a) Montrer que \(p\) et \(q\) sont premiers entre eux.
b) En déduire que \(p^{q-1}\equiv 1\;[q]\).
c) Vérifier que \(p^{p}-1=(p-1)S\). En déduire que \(p^{p}\equiv 1\;[q]\).

2) On suppose que \(p\) et \(q-1\) sont premiers entre eux.
a) À l'aide du théorème de Bézout, montrer que \(p\equiv 1\;[q]\).
b) En déduire que \(S\equiv 1\;[q]\).

3) Montrer que \(q\equiv 1\;[p]\).

Voir la solution

1) a) \(\text{pgcd}(p,q)=1\)

On a \(S=1+p+p^{2}+\cdots+p^{p-1}\equiv 1\;[p]\) (tous les termes sauf le premier sont divisibles par \(p\)).

Puisque \(q\mid S\) et \(S\equiv 1\;[p]\), si \(q\) divisait \(p\), alors \(q\mid S\) et \(q\mid p\), d'où \(q\mid(S-p-\cdots-p^{p-1})=1\), ce qui est absurde car \(q\ge 2\).

Plus directement : \(q\mid S\) et \(S\equiv 1\;[p]\), donc si \(q=p\), alors \(p\mid S\) et \(S\equiv 1\;[p]\), soit \(p\mid 1\), contradiction. Comme \(p\) et \(q\) sont tous deux premiers et \(q\ne p\), on a \(\boxed{\text{pgcd}(p,q)=1}\). ∎

1) b) \(p^{q-1}\equiv 1\;[q]\)

Puisque \(q\) est premier et \(\text{pgcd}(p,q)=1\), le petit théorème de Fermat donne directement : \[\boxed{p^{q-1}\equiv 1\;[q].}\quad∎\]

1) c) \(p^{p}-1=(p-1)S\) et \(p^{p}\equiv 1\;[q]\)

La somme géométrique donne : \[S=1+p+p^{2}+\cdots+p^{p-1}=\frac{p^{p}-1}{p-1},\] soit \(p^{p}-1=(p-1)S\).

Puisque \(q\mid S\), on a \(q\mid(p-1)S=p^{p}-1\), donc \(\boxed{p^{p}\equiv 1\;[q]}\). ∎

2) a) \(p\equiv 1\;[q]\) (sous l'hypothèse \(\text{pgcd}(p,q-1)=1\))

De 1b : \(p^{q-1}\equiv 1\;[q]\). De 1c : \(p^{p}\equiv 1\;[q]\).

L'ordre de \(p\) modulo \(q\) divise à la fois \(q-1\) et \(p\). Puisque \(\text{pgcd}(p,q-1)=1\) (hypothèse), cet ordre divise \(\text{pgcd}(p,q-1)=1\), donc l'ordre est \(1\).

Or l'ordre de \(p\) modulo \(q\) est \(1\) signifie \(p^{1}\equiv 1\;[q]\), soit \(\boxed{p\equiv 1\;[q]}\). ∎

2) b) \(S\equiv 1\;[q]\)

Si \(p\equiv 1\;[q]\), alors \(p^{k}\equiv 1\;[q]\) pour tout \(k\ge 0\). Donc : \[S=\sum_{k=0}^{p-1}p^{k}\equiv\sum_{k=0}^{p-1}1=p\equiv 1\;[q]\] (car \(p\equiv 1\;[q]\)). Ainsi \(\boxed{S\equiv 1\;[q]}\). ∎

3) \(q\equiv 1\;[p]\)

Cas 1 : \(\text{pgcd}(p,q-1)=1\). Par 2b, \(S\equiv 1\;[q]\), donc \(q\mid(S-1)\). Mais \(q\mid S\) aussi, d'où \(q\mid 1\), contradiction car \(q\ge 2\). Ce cas est donc impossible.

Cas 2 : \(\text{pgcd}(p,q-1)\ne 1\). Puisque \(p\) est premier, \(\text{pgcd}(p,q-1)\in\{1,p\}\). Comme le cas 1 est exclu, on a \(\text{pgcd}(p,q-1)=p\), c'est-à-dire \(p\mid(q-1)\), soit \(\boxed{q\equiv 1\;[p]}\). ∎

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